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Simaro Masiya : 70 années d’existence - 50 années de carrière.

Poète Simaro Lutumba

Paroles

Discographie

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coeur artificiel/ lutumba

Biographie

Parcours d'un artiste: Simaro Lutumba

21 mars 2005 - Mieux connu sous le sobriquet de Simaro Masiya, le poète. Simon Lutumba Ndomanueno est né à Léopoldville, le 19 mars 1938. Aujourd’hui, le 19 mars 2005, l’artiste fête ses 67 ans d’âge, et 47 ans de carrière musicale. Demain, Papa Simaro et les Bana O.K fêteront ensemble avec les mélomanes kinois, ce samedi à 22 heures au dancing-bar Muguila-Guila, sur Nyangwe au Rond-point de l’avenue des Huileries. La rédaction du journal Vsm (Vedettes du Sport et de la Musique), souhaite bon anniversaire et présente ses vœux les meilleurs à l’artiste-musicien Lutumba, et une bonne continuité pour ses jours à venir. Il travaillait à la Sedec, lorsqu’un jour, influencé par le Zebola, la danse initiatique des esprits, il rencontra un certain Kalonji, un vieux guitariste, qui l’initia à la guitare.

En 1958, Simaro se fit enrôler dans l’orchestre Micra Jazz, il est aux côtés de Tuka, De Piano, Menga, etc. Aucune œuvre de lui ne verra le jour. Il y fait ses premières armes. C’est le vrai début de sa carrière professionnelle. En 1959, il est au Congo Jazz de Gérard Madiata, il est avec Raymond Braink, José Magnol, Tachodi Taglin. Il compose “Simarocca”, sa première oeuvre aux éditions Esengo. Il enregistre encore deux chansons « Muana etike » et « Lisolo ya ndaku ». Avec ces deux titres, il espère prendre le large. Les deux chansons furent reçues comme de véritables tubes. L’année 1961 Simaro Lutumba intègre l’O.K Jazz où il trouve Franco, à la guitare solo, Isaac Musekiwa et Albino à la section cuivre, Nicolas Bosuma dit De Soin, à la tumba et Simon Moke, à la maracas. 1967, O.K Jazz connaît une forte dissidence qui donne naissance en avril 67 à l’orchestre Révolution. Simaro reste dans l’O.K Jazz.

1969, “Okokoma Mokristo” de Simaro, cassa la baraque et révèle en lui un grand auteur-compositeur. C’est un grand succès. En novembre 1970, une chanson prend la tête d’affiche, toutes les bouches la fredonnent : « Ma Hélé». Elle porte l’empreinte de Simaro Lutumba, un grand artiste vivant jusque-là dans l’anonymat. Depuis, les

chansons sont venues s’ajouter à beaucoup d’autres. C’est l’air de fond qui remet l’ensemble musical essoufflé sur de nouveaux rails. Le compositeur se révèle. Ses thèmes de prédilection sont le divorce, la stérilité, l’amour raté qu’il met en musique avec une étonnante virtuosité. Mélancolie et amertume, caractérise ses chansons.

Tous ces thèmes, Lutumba ne les évoque pas pour se plaindre de l’injustice du destin, mais plutôt, il veut au contraire que l’homme se souvienne, qu’il prenne conscience de certains faits. Simaro sort « Motema rétroviseur » avec l’O.K Jazz et “Na lifelo bisengo bizali te” avec Diatho Lukoki et l’orchestre Mi, qui est en fait l’O.K Jazz sans Franco. Il y avait au chant : Diatho Lukoki, Jean Papy, Nejos et Bebel ; Mose Fanfan à la guitare solo, Simaro Lutumba à l’accompagnement, Celi Bitsou à la basse, Simon Moke à la maracas, Isaac Musekiwa au saxo et De Soin Bosuma à la tumba. Kabayidi est le mécène de cet orchestre. C’était en 1971. « Inoussa » sortira en 1972. On comprend à travers ces chansons que le propre de l’artiste Lutumba est d’aller toujours de l’avant et plus haut. En 1973 A la Foire internationale de Kinshasa, Fikin, l’O.K Jazz dispose d’un stand où il expose son nouvel équipement de musique. Franco décide d’expérimenter l’enregistrement en plein air.

Un nouveau chanteur, Bijou est mis à l’essai à l’occasion de la répétition de la chanson « Masuwa » de Simaro Lutumba. Le test n’est pas concluant, Youlou est appelé à la rescousse. Entre-temps, Franco négocie l’intégration de Sam Mangwana dans le Tout-Puissant O.K Jazz. Ce dernier quitte l’Afrisa International de Tabu Ley. Il trouve Lola Checain, Michel Boyibanda et Youlou Mabiala sont au chant. Mangwana reprend la chanson « Masuwa », mis en chantier quelque temps avant son arrivée dans l’O.K Jazz chanté à l’origine par Bijou et Youlou.

Mangwana interprète les chansons du nouveau répertoire de Lutumba, notamment « Minuit eleki Lezy », « Cedou », « Ebale ya Zaïre », « Masuwa » « Ntoto » dit « Mabele » et la chanson « Où est le sérieux », une chanson diatribe de Franco contre Youlou, Fanfan Mose et Francis Bitsoumanou dit Celi Bitsou, qui ont quitté l’O.K Jazz pour Lovy du Zaire, qui vient d’être créé par Vicky Longomba suite à une grande querelle entre Vicky et Franco, au sujet des droits d’auteur impayés des œuvres de Longomba.

Les titres de Simaro « Ntoto » (Mabele) et « Masuwa » sorti en 1974 récoltent un grand succès. Ce succès consacre Simaro Lutumba dans le giron des grands auteurs-compositeurs. On le surnomma « Masiya », le messie. Mais, ce succès provoque aussi le courroux de Franco. Un jour, ce dernier convoque Lutumba, Michel Boyibanda, Sam Mangwana, Lola Checain et Josky Kiambukuta à 1-2-3.

Il leur dit qu’à compter de ce jour-là, et pendant huit mois seul ses œuvres seront exécutées pendant les concerts, et l’orchestre doit se mettre à répéter un nouveau répertoire. 1984, Simaro lance « Maya ». Un grand succès avec au chant un jeune chanteur inconnu, Lassa Carlito. Pour Simaro Lutumba, après les années des vaches maigres, démarre une période plus faste. Grâce aux royalties généreusement octroyées par l’éditeur de l’album, Alia Music, Lutumba peut désormais envisager l’avenir avec optimisme. Deux ans après, il largue « Cœur artificiel », chanté par Pépé Kallé et Lassa Carlito, avec au saxo Empompo Loway.

1988, Lutumba largue la chanson « Sindo na Bruxelles ». La chanson est jouée pour la première fois à la cérémonie des 45 jours du décès de Vicky Longomba, en présence de Edo Ganga et Célestin Kouka, anciens sociétaires de l’O.K Jazz qu’accompagnaient Nino Malapet. En marge de cet événement, Simaro Lutumba est intronisé vice-président de l’O.K Jazz par Luambo. En octobre 1989, Franco Luambo meurt, Simaro Lutumba reste à la tête de l’O.K Jazz. 1990, une fois de plus, Lassa Carlito et Pépé Kallé se retrouvent, après la réédition de « Maya ».

Cette fois-ci autour de « Mwana ndeke » et « Diarrhée verbale », œuvres de Simaro Lutumba, sorti chez Jimmy Mukelenge. 1993, L’O.K Jazz sort un album dans lequel deux titres de Simaro Lutumba font rage, il s’agit de « Daty Petrole » et «Ofela ». Les mélomanes qui ne venaient plus aux concerts remplissent le dancing-bar Mama Kusala.

Suite à cet engouement, Sylvie et Sonia Luambo, héritières de la fondation Luambo Makiadi, au cours d’une réunion tenu le 11 janvier 1994, confient la réorganisation des structures de l’orchestre T.P O.K Jazz à leur avocat-conseil Me Mabela, pour que le groupe soit géré comme une société à responsabilité limitée, alors qu’il existait une convention signée en novembre 1989, régissait les rapports entre la succession Luambo et l’orchestre.

Selon les clauses de cette convention, la Fondation Luambo avait droit à 30 % sur les recettes brutes de toutes les activités de l’orchestre. Malgré cela, les héritiers ne croyaient pas sur les recettes réalisées par l’orchestre et ils demandaient les souches et disaient qu’ils recevaient un montant dérisoire sur les recettes nettes. Il ajoutera aussi que quatre ans durant sous la présidence de Lutumba, il n’y avait pas de transparence entre les héritiers et l’orchestre et que ces enfants auront été les principaux sacrifiés.

Dans ses lettres du 21 janvier, il fera un constat sur la gestion de Lutumba et dans celle du 25 janvier 1994, Me Mabela suspend avec l’autorisation des héritiers, le poste de président de l’orchestre et que les fonctions exercées par Lutumba seraient remplies par un directoire provisoire. Et la fondation, dans cette même lettre, a élevé Simaro Lutumba à la dignité de doyen de l’orchestre. D’où est venu le mécontentement des musiciens et la création des Bana O.K., le 30 janvier chez Mama Kusala. Pour moi, c’était une réaction normale de la part de Lutumba, parce que, succéder à un phénomène comme Luambo, c’était difficile, l’héritage étant trop lourd à porter et le chemin plein d’embûches. C’était une délivrance pour lui.

Quelques mois plus tard, l’orchestre Bana O.K largue son premier album « Cabinet molili » enregistrer à Brazzaville, produit par Bono Music. En 1998, Lutumba conduit l’orchestre Bana O.K en tournée en Europe, ils ont leur quartier général à Bruxelles en Belgique. Ils ont été roulés par le producteur, quelques membres de l’orchestre quittent le groupe et monte O.K International. Lutumba larguera son premier album avec les Bana O.K qu’en 2001, aux éditions Ndiaye, qui avait pour titre « Ingratitude ». L’année dernière, il a sorti l’album « Procès », un chef-d’œuvre qui n’a pas connu un franc succès, mais qui ne contient que des tubes. « Faute ya commerçant”, “Marie Souzanna”, “Jerôme », « Mbau », « Mondjo », « Radio Trottoir », « Fifi nazali innocent », « Kadima », « Mandola », « Kabongo », « Dibatay », « Mbanzi ya kamundele », « Affaire Kitikwala », etc

L’O.K Jazz a offert à Lutumba non seulement l’occasion d’exprimer sa personnalité mais aussi un cadre, un groupe de compagnons auquel il se sentait lié. Grand auteur compositeur, créateur de qualité et l’un des meilleurs du pays, il est un virtuose de la guitare d’accompagnement, aujourd’hui, l’œil du public semble avoir jeté un dévolu sur Lutumba, figure musicale à immense talent, qui s’inspire des thèmes qui ont trait à la vie courante. C’est un artiste qui vit son époque. Ses œuvres le prouvent. C’est un éducateur social qui sait conférer à ses créations une certaine fonction, et le public s’identifie facilement à travers ses oeuvres. Le secret de sa réussite, c’est son amour de la musique et de la chanson, toujours recherchant la qualité. Il met tout son talent au service de la chanson. Aujourd’hui, nombre d’auteurs compositeurs s’identifient à lui et continuent à être influencés par son œuvre monumentale.

JEANNOT NE NZAU DIOP (LE POTENTIEL)

 

 

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