LISTE D' ARTISTES

Zaïko Langa langa

Discographie et Parole

Site Officiel : www.zaikolangalanga.com


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Zaïko Langalanga

 

Biographie complet

Parcours du groupe: Zaïko langa langa

L’épopée du Tout Choc Anti Choc Zaïko Langa-Langa
Chronique de la vache laitière
qui a tout donné à la musique Zaïro-congolaise et du monde

Par Gilbert Benamay_E_Mazi
Lentement, certes, sûrement, peut-être…. Si aujourd’hui "la moisson escomptée est maigre" affirme le sceptique en ce qui concerne Zaïko Langa-Langa, "la tâche est difficile", répond l’optimiste. L’histoire qui va suivre s’est faite progressivement. Précisément, le 24 décembre 1969, l’idée est venue à quatre jeunes gens de créer un groupe musical sans supputer ce faisant qu’ils allaient bouleverser l’univers musical de la République Démocratique du Congo.
Genèse
Triomphes et Tragédies
Tout Choc Anti Choc
Feeling de toute une Génération
Point de Non Retour
Pédagogie de Zaiko

GENESE

Vèrs les années 50 et 60, la musique était un volcan éteint. En 1968, il est brusquement entré en éruption avec les malheureux, révoltés long hair (cheveux longs), les hippies… des U.S.A. qui avaient dit non à la bourgeoisie américaine et à la tuerie de la guerre du Vietnam avec des fleurs.

  • A l’époque, le chaudron de la musique bouillait, sous l’impulsion de la vague yéyé en France représentée par Johnny Halliday le chef de file, Richard Antony, Eddy Mitchell, Antoine Mouraccioli, Michel Polnareff etc
  • Pendant qu’aux Etats-Unis d’Amérique, c’était le "Rythm and Blues era", dont les principaux chantres furent le fougueux parrain de la funk music James Brown, le bouillant Wilson Pickett, le poétique et rocky Otis Redding, le duo de choc Sam and Dave, le romantique Percy Sledge, qui tous, prêchaient ceux qui étaient atteints du mal d’amour sans omettre le guitariste gaucher Jimmy Hendrix qui jouait des fabuleux solos.
  • En Angleterre, c’était la folie "Pop Music" initiée par les quatre gars de Liverpool, "the Beatles", les superstars tout terrain de la planète terre, les sémillants "Rolling Stones" qui dérangeaient "the British Establishment" et "the Who" qui cassaient leurs guitares et leurs amplis à la fin de chaque concert.

Des jeunes congolais séduits par toutes ces musiques, décidèrent de faire comme les Mick Jagger, John Lennon, Paul Mc Cartney ou Bob Dylan, éblouir à leur tour en musique. Pari tenu? Parmi la pléthore des groupes qui virent le jour pendant cette période d’effervescence musicale l’histoire de l’orchestre Zaïko Langa-Langa mérite d’être contée à la postérité pour ses hauts faits d’armes artistiques.

En fait, l’aventure de Zaïko Langa-Langa avait débuté avec la création en 1968 d’un groupe Belguid National de la Commune de Kasa-Vubu dans lequel gravitait N’Yoka Longo Joseph alias Jehrsy Jossart (José sera artiste) qui figure parmi les premiers à y avoir intégré, suivi quelques mois plus tard du guitariste Félix Manuaku. Lors d’une répétition du groupe Belguid, un jeune homme du nom de Jules Shungu Wembadio qui y assistait en qualité d’ami du cousin des Mangaya, se mit à chanter un hit de Rochereau Pascal, « Adios Théthé » en improvisant. Ebloui par cette prestation spontannée, le quatuor D.V. Moanda, André Bita, Delo Marcellin et Henri Mongombe, les membres du Comité Directeur décidèrent la dissolution du groupe initial pour créer une nouvelle structure avec Jules Shungu Wembadio.

Des décombres de Belguid National, naîtra le phénix des orchestres aux multiples vies, Zaïko Langa-Langa, sous la férule de quatre co-fondateurs notamment : Vital Moanda-di Veta le 2ème batteur de tam tam de Zaïko (Dcd) en 1984, Henri Mongombe, Delo Marcellin et André Bita (Dcd) en 1993 dont l’objectif était de distraire les vacanciers avec la musique et la danse après les rencontres amicales de football.

Ainsi, Papa Wemba vint prêter mains fortes aux deux précités. Tandis que Teddy Sukami s’y trouvait déjà en qualité de Secrétaire Administratif de Belguid National. L’engouement de la musique lui fera troquer son stylo à bile contre la guitare électrique.

La racine pivotante de l’arbre généalogique du Tout Choc Zaïko Langa-Langa était composée au départ des vocalistes: Jacques Pelasimba, Jules Presley Shungu Wembadio (Papa Wemba) et de N’Yoka Longo Jossart. Des guitaristes : Pépé Felly Manuaku, Teddy Sukami, Enoch Zamuangana, des bassistes Damien Ndebo et Muaka Oncle Bapius. Aux percussions : Baudouin Mitshio, drummer et Ephraïm, au tam tam.

La sortie du groupe se fit dans la commune de Kalamu au bar "Hawaï" sur Bongolo, actuellement ciné.

Le gros de la troupe bénéficiera plus tard de l’apport des vocalistes : Anto Evoloko Atshuamo et Gina Efonge. Quant à Bimi Ombale entré dans l’orchestre comme drummer, sa voix lui servit d’atout pour s’imposer avec l’appui de N’Yoka Longo, comme chanteur suivi par Mbuta Mashakado, Bozi Boziana et de Mavuela Somo Siméon. Zéphyrin Matima alias le "pop" était le soliste qui accompagnait les chanteurs qui passaient en vedette américaine à Kinshasa on disait "en lever le rideau" ou "chanteur pop’’ (Pierre Nkumu (dcd), Mbuta Sansa Santos (dcd), Gilbert Benamay-E-Mazi et Mary Joe Belobi engagé comme 3ème batteur de tam-tam instrument avec lequel il excellait dans les rangs du Xaverie du Camp Nicolas Cito. Grâce à l’insistance de D.V. Moanda, il deviendra le drummer attitré du groupe en remplacement de Bimi.

D’une manière ou d’une autre, les jeunes gens sus-mentionnés eurent maille à partir avec leurs géniteurs. A l’unanimité, ceux-ci ne tenaient pas à ce que leurs rejetons mènent la vie de bohême des Wendo et des Bowane qui pour ces fonctionnaires et employés étaient des délinquants. Les jeunes artistes en herbe étaient obligés de sortir par la fenêtre pour ensuite faire les murs des parcelles afin d’aller dans les bars assouvir leurs passions pour la musique.

TRIOMPHES ET TRAGEDIES DE 1969 - 2000

L’orchestre Zaïko Langa-Langa vient de boucler une tournée musicale qui s’est échelonnée sur plusieurs années bien sonnées depuis le 4 décembre 2000. Des décennies d’existence pour un orchestre ce n’est pas peu de choses. Zaïko Langa-Langa comme le phénix cet oiseau légendaire qui renaît de ses cendres plus beau qu’avant durant son périple mouvementé, a frôlé la désintégration à trois reprises.

La première épisode fut le départ de Papa Wemba, Bozi Boziana, Evoloko Atshuamo et Mavuela Somo en 1974 pour aller créer Isifi Lokole (Institut de Savoir pour la Formation des Idoles). La deuxième secousse sismique de 1980 résulta au départ du "sorcier de la guitare" Félix Manuaku Waku qui s’en fut créer son Grand Zaïko Wawa.

Ce serait un lapsus calami que de ne pas rapporter les « efforts » du trio Franco Luambo Makiadi, Kiamuangana Mateta Verckys (Vévé) et Tabu Ley Rochereau en vue de mettre un terme à la carrière prometteuse du groupe Zaïko Langa-Langa dont le succès intarissable éclipsait la popularité de cette "Cour des grands rapaces".

C’est Franco qui enclencha le processus de destruction de l’orchestre, en tant que promoteur de la mémorable tournée européenne de 3 mois que le groupe effectua en 1980 sous la dénomination de "VISA 80". Luambo, abusa de la confiance des artistes en ne rémunérant aucune production en dépit de l’affluence aux bals dansants que livrait l’orchestre. Malgré ses déboires, le groupe spontanément avait enregistré deux LP, 33 tours en vinyle pour le compte du Grand Maître Franco en échange d’un équipement musical.

Mais, comme toujours, celui-ci, ne tint jamais parole. C’est ainsi que les artistes, excédés, décidèrent de céder leurs chansons à Kiamuangana Mateta Verckys qui les courtisait avec l’espoir que ce dernier au moins respectera sa promesse, au terme de laquelle l’orchestre possédera son propre matériel. Fort de la confiance que Zaïko avait placé en sa probité, Kiamuangana Verckys deviendra le producteur de Zaïko en 1982. Il mettra à l’usage du groupe un équipement complet pimpant neuf de marque « Ranger ». Mais dans sa duplicité, celui-ci tenait ipso-facto à faire signer un contrat d’«esclaves» au groupe. S’étant rendus compte que ledit contrat n’avantageait que le producteur à leur détriment, ils refusèrent de le signer. Mis hors de lui par la clairvoyance des artistes, Verckys est allé « kidnapper » une partie des instruments qui se trouvait au Ciné palladium (actuellement Cinémax) en vue d’une prestation en matinée. L’autre partie, il la récupérera lors d’un bal dansant que le groupe devait livrer à « La Hutte », un bar de la commune de Lingwala. Plus tard, celui-ci usera de la ruse pour débaucher quelques artistes du groupe. C’est Verckys qui poussera Evoloko et Bozi Boziana qui dans l’entre-temps avaient réintégré Zaïko à déserter de nouveau en compagnie de Roxy Tshimpaka et Djo Mali pour travailler à son compte en montant Langa-Langa Stars, l’orchestre des "7 patrons". Zaïko Langa-Langa exsangue par le manque d’instruments est resté inactif durant 9 mois. Les fanatiques de Zaïko, faute de s’abreuver à la source, se mirent à fréquenter les prestations de Langa-Langa Stars pour s’éclater. Beaucoup des pessimistes confirmèrent la naufrage de Zaïko.

Survint le "consolateur" Rochereau Pascal Tabu Ley qui, gracieusement, remit des instruments au groupe sans rien demander en contre partie. Zaïko qui dans l’entre temps avait repris du poil de la bête en drainant des foules à chacune de ses prestations, n’était pas encore à l’abri des mauvaises surprises. Effectivement, c’était sans compter avec la versatilité du "Sauveur" Tabu Ley. Celui-ci chargera son factotum Losikiya Maneno de récupérer le matériel entreposé chez N’Yoka Longo un jour à 6 heures du matin avec un prétexte plausible; "l’Afrisa devait honorer un concert en plein air. Pour renforcer la puissance des instruments, il fallait l’apport de la partie en possession de Zaïko’’, Hélas, le groupe consterné ne revit ni n’entendit plus parler de ce matériel.

L’histoire fit des chaudes gorges dans la capitale.

Quelle ne fut pas la surprise des artistes et de tout Kinshasa d’apprendre que Franco, Verckys et Tabu Ley Rochereau des ennemis jurés dont l’inimitié engendrée par la course au leadership monétaire et musical, avaient pour la circonstance pactisé sous l’appellation de "Trois Mousquetaires de la musique" dans le but prémédité de réduire au silence l’orchestre Zaïko! En fait, l’antagonisme de Zaïko avec les précités étaient dû à son succès musical et sa supériorité scénique. D’où la décision du trio de mettre hors d’état de "nuire" ce groupe qui avait tendance à leur ravir les feux de la rampe. A Kinshasa et partout en R.D.C., jeunes et adultes vibraient sur une seule longueur d’onde musicale l’orchestre Tout Choc Anti Choc Zaïko Langa-Langa.

En 1984, Zaïko Langa-Langa 1er groupe zaïrois à être invité officiellement par le gouvernement de l’Empire du Soleil Levant, y effectua une tournée mémorable dénommée Nippon Banzaï, (En Avant le Japon). Cette tournée eut comme épicentre la capitale Tokyo et les villes de Sapporo et Ossaka. Elle permit aux japonais de faire la découverte de la culture zaïroise. Subjugués par les prestations magistrales de Zaïko Langa-Langa, des jeunes japonais décidèrent d’apprendre le lingala afin de chanter comme les vocalistes de Zaïko. La radioactivité générée par la chaleur des chants, l’instrumentation, et les danses issues du terroir, contaminèrent les sujets de l’Empereur Hiro Hito, qui prirent le parti de descendre à Kinshasa afin de vivre en immersion totale la frénésie musicale kinoise et maîtriser son arcane.

Son enième Golgotha, Zaïko l’a vécu avec une intensité maxima par la défection massive de ses membres, à l’apogée de son succès en 1988. Ce fut l’épisode la plus dramatique de la vie de cet orchestre. Arguant la tyrannie et la mégestion, 11 musiciens excités par Mazaza le chargé des relations publiques et Ilo Pablo, de connivence avec les conseillers du ministre gabonais Gustave Ngossanga (Ngoss), le mécène du groupe, planifièrent la destruction systématique du groupe au détriment de N’Yoka Longo.

Eblouis par les promesses mirifiques des voitures flambants neuves et des villas que le ministre leur livrerait, clés en mains, les guitaristes Zangilu Popolipo, Avedila Petit Poisson, Jimmy Yaba, Yvon Kabamba, le drummer Ilo Pablo, le "Keyboardist" José Pianu Pianu, le batteur Manzeku, l’animateur Bébé Mangituka et les chanteurs Bimi Ombale, Lengi-Lenga et J.P. Buse prirent la clé des champs pour monter un orchestre «démocratique» la météorite «Zaïko Langa-Langa Familia Dei» qui par la suite s’avéra un phénomène ultra-bref qui eut juste le temps d’apparaître et de disparaître. Ô ironie du sort, à cause de la tyrannie et de la mégestion, étrange ! étrange !. Plus tard, "les révoltés" parvinrent à convaincre Likinga Redo Mangenza à les rejoindre. Celui-ci, venait de purger une détention de 7 ans à Lisbonne et n’était pas en possession de données exactes de la dissension. Sur un brusque coup de tête il optera pour Familia Dei. Après un périple en Europe, il abandonnera le groupe pour s’occuper de ses affaires.

Du Zaïko initial il ne restait plus que 8 musiciens dont les chanteurs N’Yoka Longo, Dindo Yogo et Gilbert Benamay-E-Mazi, des guitaristes Matima, Zamuangana Enoch et Muaka Bapius, du drummer Mary Joe et de l’animateur Nono Monzuluku. N’Yoka Longo et ses acolytes furent contraints de recruter d’autres musiciens pour régénérer le groupe.

C’est ainsi que les guitaristes Shiro Mvuemba (ex Minzoto dcd), Baroza Bansimba (ex. Empire Bakuba dcd), Landu Kiangala Shango (ex Oka Elengi Eye), Omer Boanga (ex Langa Langa Stars (dcd), Jean-Marie Motingia (ex Oka Elengi Eye) firent équipe avec les chanteurs : Adamo Ekula (ex Gd Zaïko Wawa), Lofanga Rossi (ex. Etumba na Ngwaka dcd), Mondial Mafuta (ex Gd Zaïko wawa), Thylon Moanda (ex The Best), Petit Aziza Nsiku (ex. Viva la Musica dcd), Alpha Kopea Keyboard (ex The Best dcd), Patcho Star (ex Viva la Musica), Célé Mbonda (ex Langa-Langa Stars) s’unirent pour le meilleur et le pire ? voire ?. L’instinct de conservation des huit précités allié à la volonté des nouvelles recrues à se faire un nom dans cet orchestre de renommée , remit le navire Zaïko Langa-Langa de nouveau à flot.

En 1989, le guitariste Gégé Mangaya et le chanteur Malage de Lugendo, tous transfuges de l’orchestre T.P. O.K. Jazz postulèrent pour l’orchestre Zaïko Langa-Langa.

TOUT CHOC ANTI CHOC ZAÏKO LANGA-LANGA

Depuis la création de Zaïko Langa-Langa, tous les orchestres essayent d’écrire et d’enregis-trer l’ultime chanson, mais ils sont simplement en train d’essayer de pomper Zaïko, en utilisant son sens de la dynamique rythmique, d’abord doux, puis, puissant et dur. Le style de riffs de guitare de Pépé Felly, qui à chaque seben de Zaïko Langa-Langa, faisaient tomber en pâmoison les « fanatiques » dans un délire musical, étaient des clichés que tous les orchestres reproduisaient à outrance.

Tous les musiciens étaient obnubilés par le "sound" Zaïko qui était devenu une contrainte. Les groupes qui présentaient un son contraire au "Zaïko sound" ne faisaient pas long feu. Dès le début, Zaïko Langa-Langa fut une association d’artistes prônant l’usage des normes fines. Leur art devait résulter d’un groove sensuel et, dansant, si possible accessible au plus grand nombre, c’est dans cet optique que furent conçus des tubes tels que "La Tout Neige", "Zaïko Wawa", "Francine Keller", "José Lina", "Mizou".

Le résultat fut un engouement de la part de leurs fans et une concurrence effrénée de ceux des musiciens des orchestres Thu-Zaïna, Empire Bakuba, les Symba, Continental, Stukas Boys et Tabou National. "Zaïko Langa-Langa facile à imiter mais difficile à égaler" ne cessait de clamer sans fausse modestie N’Yoka Longo à la cantonade.

ZAÏKO LANGA-LANGA, FEELING DE TOUTE UNE GENERATION

On attribue à ce méga groupe du firmament musical Zaïro-Congolais un apport ô combien appréciable de la rythmique percussive, notamment sur le tempo de la caisse claire rythmant la danse "cavacha" introduite à partir de 1973 par Mary Joe (Lors d’un voyage de l’orchestre à Pointe Noire entre Brazzaville Pointe Noire ) mis au défi par ses copains de reproduire expressément les cliquetis des roues motrices d’une locomotive lancée à vive allure sur les rails, mit au point le "beat cavacha". Cela lui valut le surnom de "Machine ya Kauka". C’est cette frappe que tous les orchestres congolais, africains et antillais ont copié avec emphase Helas Belobi Ng’ekerme,... au bagne d’Ekafela dans la province de l’Equateur où il passera 2 ans. Zaïko recoura aux offices de Bakunde Ilo Pablo pour cogner sur les "casseroles".

Cette innovation a contribué à régénérer l’âme de la musique nègre, de l’Afrique aux Caraïbes, en passant par le Japon. C’est ainsi qu’en 1974 la génisse Zaïko Langa-Langa, s’est muée en une vache grasse, qui aux fils des ans, a mis bas Isifi Lokole 1974 (Evoloko, Bozi Boziana, Wemba, Efonge), Yoka Lokole (Mavuela Somo et Mbuta Mashakado), Isifi Melodia 1976, Viva la Musica 1977 (Papa Wemba), Libanko (Efonge Gina), Grand Zaïko Wawa 1980 (Manuaku Waku), Langa-Langa Stars 1981 (Evoloko et consorts), Victoria Eleison 1982 (Eme-neya), Historia Musica 1983 (Debaba et Koffi Olomide), Quartier Latin (Koffi Olomide), Choc Stars 1984 (Bozi Boziana et Roxy Tshimpaka), Anti Choc de Bozi Boziana 1986, Familia Dei et Choc Musica de Djo Nolo 1988. Bimi Ombale non content de l’épisode famille de Dieu (Fami-lia Dei) pliera ses bagages et s’en ira créer Basilique Loningisa Mwana Wabi en 1990. Dindo Yogo quittera le groupe pour aller renouer avec Etumba na Ngwaka dans la formule Ngwaka Aye.

En résumé, la maestria musicale de Zaïko Langa-Langa a fait tâche d’huile. Hier au Zaïre et à la République Démocratique du Congo d’aujourd’hui, en faisant un crochet à Brazzaville et le reste de l’Afrique, l’Europe, les Caraïbes et aux confins du monde, l’Empire du Soleil Levant (Japon), les musiciens s’adonnent ou pimentent leur musique avec les ingrédients du sound Zaïko Langa-Langa que l’on reconnaît facilement. Parmi la pléthore d’exemples, citons l’injonction à danser "Hey maboko" de la chanson "Pa Oki" reprise avec verve et brio par le groupe zouk Kassav dans leur hit à tout casser "Mwen maladaw" sous la version "a mam’hé maboko". Un conseil, réécoutez le méga hit du guinéen Wally Badarou « High Life’’, son beat saccadé ne vous rappèle-t-il rien ?. Il n’y a pas longtemps, le groupe ivoirien Magic System vient de récidiver avec le rythme cavacha créé par Zaïko Langa-Langa, avec son tube "Gaou", qui fait toujours un malheur dans les discothèques. Les riffs des guitares et subtilités du makosa camerounais ne sont que des "gimmicks" made in Zaïko Langa-Langa. Qui peut dire le contraire ? Personne ! A moins de ne pas appartenir à la race des mélomanes chevronnés. C’est encore le même Zaïko Langa-Langa qui le premier a expérimenté les rapeurs "Atalaku" en 1982 à l’instigation de N’Yoka Longo et Zumbu Sonnerie le danseur du "sonzo" (dcd). Aujourd’hui, le groupe qui ne possède pas un "atalaku" dans son attelage est non partant.

ZAÏKO LANGA-LANGA NKOLO MBOKA LE POINT DE NON RETOUR

Comment peut-on rester indifférent à l’esthétique musicale de Zaïko Langa-Langa. Les vrais adorateurs de la liturgie musicale basé à Kinshasa, en Europe et partout ailleurs identifient la virtuosité des pulsations des musiques de tous les orchestres, ayant pignon sur rue qu’il s’agisse des Wenge, les O.K. Jazz, les Viva la Musica, les Quartier Latin aux Nouvelles Ecritures etc, au travers de la tapisserie joyeuse des rythmiques endiablées de Zaïko Langa-Langa. L’art au départ est une projection mentale que l’artiste matérialise ensuite. Il requiert une mobilisation totale des potentialités psychiques et physiques.

N’Yoka Longo physiquement et spirituellement ne fait qu’un avec Zaïko Langa-Langa. Lui qui exerce ce métier-passion de musicien, tellement humain, typique d’une époque où la musique joue le rôle de cohésion sociale et économique qui font cruellement défaut dans notre société actuelle, est appelée à assumer intégralement ses responsabilités de leader musical. dans le développement de la nation congolaise, malgré moult dérapages.

Désormais la musique de Zaïko Langa-Langa ne se limitera plus seulement avec le paraître (clips, danses) mais avec une musique tonique et "move" qui sera élaborée et fignolée pour émouvoir l’âme. Le maxi-single "Feeling" préfigure le premier échantillon de cette nouvelle approche. Apprêtez-vous déjà à subir la secousse tellurique de leur prochain C.D. de 12 titres EUREKA qui est dores et déjà en chantier.

LA PEDAGOGIE DE ZAIKO LANGA-LANGA

Avouons-le, en toute franchise et honnêteté, jusqu’à présent aucun groupe du Congo Démocratique n’a pu contribuer à l’essor de notre culture comme l’a fait Zaïko Langa-Langa depuis 1969.

S’il faut aujourd’hui parler concrètement des réalisations de la 4ème générations des musiciens de la République Démocratique du Congo, les personnes lucides et pragmatiques remarqueront qu’à part la polémique et les idées biscornues que les "branchés" ont pompeusement baptisés « stratégies », il n’y a rien de concret qu’ils ont injecté dans notre musique.

Par contre l’apport pédagogique de Zaïko Langa-Langa aujourd’hui est indéniable une inventaire s’impose, récapitulons

  • primo, il l revalorisa les guitares en leur accordant une part active pour faire danser.
  • Secundo, le beat cavacha permit aux artistes zaïrois de modeler des pas de danses époustouflants c’est le tempo qui
  • Tertio, comme le groupe n’avait pas les moyens d’embaucher des souffleurs (saxophonistes, trompettistes et trombonistes) qui étaient des professionnels vivant de leur art, il opta pour des envolées lyriques de guitares qui décuplant la transe hypnotique de la danse. Plus tard, il complétera le vide des instruments à vents avec une orgue Farfisa. C’était parti pour les autres groupes qui dans la foulée optèrent pour les keyboards (instruments à claviers).
  • Quarto, la basse percussive.
  • Quinto, la trouvaille grâce aux onomatopées et cris d’animation des chants en repons de terroir de la RDC processus que les chanteurs déracinés de la Jamaïque emploient dans leurs chansons de style Raggamufin afin de coller à leurs "roots" africaines.

 

La fusion prémédité de ces instruments contribua à l’émergence d’un son et d’un style de musique qui se démarquait des écoles, O.K. Jazz, African Jazz et African Fiesta. Ainsi, Zaïko Langa-Langa peut sans forfanterie se vanter d’être le géniteur du "Rock-Rumba" made in Kinshasa. Hormis le fait que la vache laitière a aidé à engraisser musicalement bon nombre d’orchestres et des vedettes en herbe à croître en stature, ce groupe mythique est, et, reste le catalyseur des vocations artistiques dans notre pays, pourquoi pas ailleurs.

Ars longo vita brevis (l’art est long, la vie est courte). Aujourd’hui qu’il importe à N’Yoka Longo le druide gardien de la flamme créative de Zaïko Langa-Langa de s’impliquer d’avantage dans le travail. Zaïko Langa-Langa est une institution publique dont un jour il aura à rendre compte en cas de faillite. Il n’est pire sourd que celui qui ne demande pas pour qui le vent souffle.